Trupa Trupa

Headache remastered review – La Grosse Radio

Ça commence par une voix nasillarde qui pose les bases avec «Snow». Bien. Ça s’appelle Headache et ça va filer mal au crâne. Il y aura des dissonances, des voix qui n’ont pas du tout l’air concernées par la musique derrière, des envolées psychédéliques et des batteries implacables. Où est-ce qu’on est tombés ? Et puis se pose «Halleyesonme». Une marche au pas entêtante et difficile au son des percussions qui s’écrasent sourdement. Une voix robotique dans le lointain appelle : «Look at me!» mais on ne déviera pas de l’objectif, traînant la mélancolie comme un fardeau. Le rythme saccadé et les effets de ralentissement de «Getting Older» donnent l’impression de courir dans un rêve. Non, on ne s’en sortira pas, c’est la vie, c’est pas gai. J’ai compris. C’est un disque qui s’écoute un soir d’automne, sous la pluie, avec une vague envie de se pendre dans la bouche. Ou de plonger dans un autre monde, comme j’imagine «Sacrifice», avec ses sonorités psyché derrière comme un appel à la drogue, la voix au bord de l’endormissement du chanteur indiquant qu’il a essayé. La plongée dans l’imaginaire se poursuit dans «Wasteland», et dans l’interminable boucle de «Headache», qui termine douloureusement sur des hurlements de folie. Finalement, la fuite n’aurait-elle pas que de bons côté ? Des soubressauts un peu moins dépressifs parviennent à se frayer un passage sur la fin, avec la ligne de basse enlevée de «Picture Yourself», et son arrière-plan cuivré qui pourrait tendre vers le hippie, dans un autre disque. Alors je ne me suis pas pendu, j’ai écouté jusqu’au bout. J’ai même réécouté. Le son est professionnel, comme peint sur la propreté impeccable pour paraître sale. Ça donne un goût de reviens-y puissant. Un bon disque, qui dévoile de nouvelles facettes à chaque écoute.

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Headache remastered review – La Grosse Radio